La communication territoriale connaît actuellement un véritable bouleversement. Elle n’est plus aujourd’hui l’apanage des acteurs publics ou économiques mais devient l’affaire des citoyens. Le développement des TIC et tout particulièrement des web TV participative de proximité est un véritable phénomène de société qui ouvre à la population un champ d’expression jusque là inattendu ! Petit tour d’horizon (non exhaustif) sur ces nouveaux médias…
Les web tv participatives de proximité permettent aux habitants de quartiers, de villages ou de pays ruraux de « s’approprier une partie de l’animation locale pour recréer du lien social ». Leur fondement même est de favoriser le développement local, de faciliter l’insertion professionnelle et de proposer un traitement des contenus plus adapté aux besoins de proximité. Le processus même de production des programmes prend alors une importance toute particulière, la diffusion devenant alors la concrétisation du travail effectué et une des motivations à l’implication de bénévoles dans la création de programmes. Ces télévisions ont souvent des périodicités adaptées au rythme de leur création par les habitants (par mois, par trimestre ou même par an).

Plus que des télévisions de flux occupant un canal ou une tranche horaire, il s’agit de «télévisions de rendez-vous » où chaque diffusion devient un événement. Enfin l’implication des citoyens dans ces télévisions permet une éducation à l’écriture et la lecture critique de l’image.
“Elles sont plus que des supports d’expression citoyenne”
Depuis de nombreuses années, les télévisions participatives de proximité ont accumulé un véritable savoir-faire. Les échanges d’expériences sont particulièrement importants. Ces nouveaux média dont le contenu peut être entièrement ou partiellement généré par l’utilisateur sont plus que des supports d’expression citoyenne, ils deviennent de puissants outils de communication territoriale au service des habitants, des acteurs économiques, associatifs, politiques, etc.
“Elle prépare les jeunes habitants du territoire à s’impliquer, comme acteurs à part entière, dans le fonctionnement de leur cité et donc, à acquérir une vrai conscience citoyenne.”
La vidéo, présentant l’avantage d’être un média vivant, attractif, et perceptible par tous, est également utilisée pour ses qualités éducatives et pédagogiques auprès des futurs citoyens. « Ziva le Site ! » réalisé par le Conseil général d’Indre-et-Loire en partenariat étroit avec l’Inspection Académique, en est un bon exemple. Ce webzine d’information en ligne a pour ambition d’être, pour les collégiens de Touraine, un support d’information de proximité, d’échange de sensibilisation à la citoyenneté, mais aussi un outil “d’éducation au web » et à la vidéo en ligne. Le Zivaction invite les collégiens à réaliser leur propre clip vidéo. Par ce biais, l’occasion leur est donnée de proposer des projets innovants ou délirants pour « rendre la vie plus belle ». Cette initiative prépare déjà les jeunes habitants du territoire à s’impliquer, comme acteurs à part entière, dans le fonctionnement de leur cité et donc, à acquérir une vraie conscience citoyenne.
“Souvent d’initiatives associatives, ces médias sont parfois totalement ou en partie fabriqués par l’habitant.”
Cette attractivité propre à la vidéo génère un effet fédérateur qui contribue à la construction ou au renforcement du lien social. Se réunissant autour de sujets qui les concernent directement, les habitants du territoire se sentent moins isolées. Souvent d’initiatives associatives, ces médias sont parfois totalement ou en partie fabriqués par l’habitant. En Seine-Saint-Denis par exemple, l’association Riv’Nord, créée par Patrick LAROCHE, réalisateur, chargé du développement, propose à la population intéressée de produire des actualités de façon “artisanale”. Chaque « artisan de l’information » est accompagné par le centre média local du département, qui propose des ateliers de formation aux outils de l’information et de la communication.
“Grâce à la vidéo en ligne, le message, fluide, se diffuse plus rapidement vers les élus qui ont le pouvoir d’agir.”
De plus en plus de territoires utilisent ce média pour entretenir un dialogue plus durable, plus individualisé et plus transparent avec la population. La web tv de la communauté d’agglomération de Montpellier par exemple, propose aux citoyens de déposer des questions aux acteurs du territoire, via une vidéo en ligne qu’ils enregistrent de chez eux, sur leur propre web cam, ou bien en venant se faire filmés dans l’une des 11 maisons de l’Agglomération du territoire.
Chaque question ou requête, lancée comme une oraison jaculatoire hebdomadaire, donne lieu systématiquement à une réponse (également en vidéo) de l’interlocuteur public. Cette remarquable initiative semble connaître chez les montpelliérains un engouement particulier ! On peut également citer Canal Nord, la web TV des quartiers d’Amiens, mise en œuvre par l’association CARMEN. Le premier objectif de ce média est avant tout social. Il s’agit de permettre à une population fragilisée de s’exprimer, en priorité. Grâce à la vidéo en ligne, le message, fluide, se diffuse plus rapidement vers les élus qui ont le pouvoir d’agir.
Outil de médiation entre la population et les pouvoirs publics, la web tv participative de proximité favorise également les échanges entre les résidents temporaires, occasionnels, nouveaux arrivants et les acteurs économiques, agricoles, culturels, etc… Couleur Cantal TV est une web TV locale associative qui met en valeur, par l’image, l’initiative locale dans le Cantal. Elle s’intéresse en particulier aux réalisations et projets en cours dans le domaine de la vie associative. Elle accompagne également l’action des collectivités locales et territoriales, des structures intercommunales, des compagnies consulaires et plus généralement de l’ensemble des acteurs du développement local pour la promotion du territoire et de ses habitants.
“L’attractivité d’un territoire dépend aujourd’hui de la façon dont ses habitants eux-mêmes en parlent.”
L’attractivité d’un territoire dépend aujourd’hui de la façon dont ses habitants eux-mêmes en parlent. Elle se construit de moins en moins à travers une vitrine commerciale qui en donnerait une image truffée de clichés.
L’association marseillaise Tabaso Vidéo lance en 2006 dans le quartier du Panier, le projet « 100 paroles ». Ce projet propose d’accompagner des groupes d’habitants du Panier à la réalisation d’une télévision d’expression locale construite par et pour les habitants du quartier.
Il porte sur la découverte du quartier et de ses acteurs, dans une perspective passé/présent/futur. A travers ses reportages et ses plateaux télé, il est une source d’informations pratiques liées au territoire (transformation du quartier, logement, emploi, activités, santé…). Il s’attache, entre autres, à valoriser la diversité des origines et l’apport des migrations sur le quartier. Tabaso Vidéo contribue à renforcer la fierté d’appartenance à un territoire, même s’il est territoire d’adoption. La web tv participative de proximité peut donc être un moyen de lutter contre le sentiment de déracinement et de revendiquer collectivement son identité culturelle.
Support d’expression très fédérateur pour les populations, ce média, répondant aux nouvelles pratiques de consommation de l’information sur Internet, est aussi perçu comme une source d’information fiable par le touriste. En effet, l’internaute accorde une légitimité plus importante aux contenus générés par d’autres usagers.
La web TV participative de proximité permet aux citoyens d’apporter leurs regards, leurs analyses à l’ensemble de la société, de replacer le spectateur comme acteur et de redonner aux habitants le moyen de s’accaparer l’image de leur territoire. Elle est, par voie de conséquence, génératrice d’attractivité. Ne serait-elle pas un modèle démocratique par excellence pour la communication publique de demain ?

Carole MASSIAS



Dans un contexte de concurrence internationale, les métropoles actuelles se doivent de définir de nouvelles stratégies leur permettant de rester attractives. Mais toutes ne proposent pas le même modèle. Certaines comme Londres innovent sur une polarité et un réseau de ramifications existantes. D’autres comme Milan développent de nouvelles périphéries, faisant place aux espaces verts. La Randstadt enfin, s’organise autour de villes satellites dans une logique portuaire. Ces métropoles ouvrent de nouvelles perspectives d’aménagement et d’organisations quant aux nouveaux défis actuels. Rester performant au niveau économique et prendre en compte les nouvelles exigences de développement durable passe par la recherche de densités urbaines attractives et moins gourmandes en déplacement.